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À Philips-Dreux : l’autogestion contre les licenciements
Pavillon Noir :: NEWS :: Françaises :: Social/Société
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À Philips-Dreux : l’autogestion contre les licenciements
Des salariés qui ne se laissent pas faire. Un bel exemple d'action collective. A suivre et pourvu que ça dure !
Contrôle ouvrier chez Philips Dreux
Encore peu connu du grand public, le secteur coopératif présente des
avantages sociaux et une gestion plus démocratique que le privé en cas
de transmission d’entreprise. En novembre, plus de 1 000 manifestations
seront organisées en France pour promouvoir l’économie sociale et
solidaire. Ce secteur encore peu connu du grand public représente 9 %
des entreprises qui emploient 10 % des salariés, soit 2 millions de
personnes, au travers des coopératives, associations, mutuelles,
fondations, structures d’insertion. Un modèle économique pensé il y a
plus d’un siècle, en pleine Commune, qui tente de tordre le coup à la
« religion de la création de valeur pour l’actionnaire ».[/b]
Parmi
ses nombreuses activités, la reprise d’entreprise par les salariés en
Scop (société coopérative de production) constitue une réponse à
l’enjeu majeur de la transmission d’entreprise. En quinze ans, ce sont
700 000 à 900 000 entreprises qui devraient être transmises, avec plus
de 300 000 emplois à la clé. La reprise par les salariés (RES) ne
représente aujourd’hui que 14 % des successions, contre 26 % de
transmissions à un tiers et 48 % à un membre de la famille du
dirigeant, 12 % d’entre elles cessant définitivement leur activité
faute de repreneur. Si elle n’est pas encore entrée dans les mœurs, la
RES constitue une véritable solution pour les salariés qui connaissent
parfaitement le métier et ont déjà une relation avec la clientèle pour
reprendre en main leur outil de travail et conserver ainsi leur emploi.
Le RES se fait bien souvent sous la forme d’une Scop, particulièrement
adaptée à cette forme de reprise. Régie par les principes coopératifs,
au moins 51 % de ces Scop sont détenues par les salariés, qui disposent
de 65 % des droits de vote. Les décisions se prennent en assemblée
générale selon le principe démocratique « une personne = une voix » (il
s’agit notamment de prendre les grandes décisions stratégiques de
l’entreprise, d’élire les dirigeants, gérants ou le conseil
d’administration). Les bénéfices vont d’abord aux salariés et à la
consolidation financière de l’entreprise.
La
Scop apparaît aussi comme un modèle socialement plus juste. D’une part,
la création d’emplois y est beaucoup plus importante que dans la
moyenne des entreprises. Sur les cinq dernières années, les Scop ont
augmenté en moyenne leurs effectifs de 10 %, contre 2 % pour les
entreprises classiques. D’autre part, les coopératives de salariés ont
un effectif moyen de 22 salariés, contre 9 pour les entreprises
traditionnelles. Enfin, les salariés touchent dans une Scop un salaire
annuel moyen de 35OOOeuros, contre 30000 dans les autres entreprises.
Mais
ce modèle, qui montre des avantages sociaux importants, souffre d’un
important problème de financement, souvent à l’origine de défaillances
d’entreprises et d’une tendance générale au sous-investissement.
D’abord parce que l’autofinancement y est insuffisant. Les coopérateurs
sont souvent réticents à investir leurs économies dans l’entreprise.
Ensuite, les investisseurs sont rarement intéressés par les
coopératives. Reste l’endettement. Mais bien souvent les banques ne
prêtent que si la Scop peut financer une partie de ses investissements
grâce à ses fonds propres. La boucle est bouclée. Une appréciation à
nuancer cependant, une étude d’Oseo, la banque publique de financement,
indiquant qu’un ancien salarié de l’entreprise a deux fois plus de
chance de réussite qu’un repreneur extérieur.
Clotilde Mathieu
Nous posons la question : pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?
Quelle est l’entreprise où, les salariés, tous les salariés, seraient
d’accord pour se saborder en délocalisant l’outil de travail dans des
pays où les dits salariés sont encore plus exploités qu’il est prévu
qu’ils le soient, grâce à la mise en oeuvre, si on peut dire !, du
traité de Lisbonne et de ce qu’il offre comme (non) avenir au monde du
travail, quelqu’il soit, dans l’empire euro-germano-atlantique.
Nous savons très bien que l’Europe
sociale n’existera jamais, car, les 26 pays qui font cette mosaïque de
nations ne sont pas et ne seront jamais d’accord sur une politique de
progrès social telle que nous l’avons vainement espéré, et telle que
nous avons commencé de la mettre en pratique à la Libération.
Soit nous réfléchissons, mais
vite, à la construction d’une mutation de société, une réelle mutation,
soit, nous allons à notre perte définitive de liberté et serons
rapidement et de plus en plus, dans une société d’esclaves, au service
du seul profit financier, du productivisme et du consumérisme, voulue
et organisée au seul profit des sociétés transnationales...
Où est le peuple, assez fou, assez
suicidaire pour refuser l’essai d’un autre choix de société, tant sur
le plan politique que social, si on le lui propose ?
La question ne vaut-elle pas la peine d’être posée ?
http://www.comite-valmy.org/spip.php ?article413
Soyons pour la République du demos et non du cratos...
Geneviève
Contrôle ouvrier chez Philips Dreux

Nyark nyark- Messages: 924
Date d'inscription: 16/05/2009
Re: À Philips-Dreux : l’autogestion contre les licenciements
On pourais mettre ça dans "initiatives concrètes". En tout cas merci, je ne connaissais pas le système des SCOP.
Re: À Philips-Dreux : l’autogestion contre les licenciements
Suite...
Licenciements : La brève autogestion de Philips Dreux
Pendant
dix jours, une usine menacée de fermeture a relancé les chaînes de
montage sans patrons ni cadres, pour montrer la détermination du
collectif ouvrier. Certains pensent déjà à une reprise du site en
coopérative. Une action limitée, mais qui ne demande qu’à être
reproduite.
Le 6 janvier, à l’usine Philips
de Dreux, menacée de fermeture, l’assemblée générale des salarié-e-s
(150 personnes), sur proposition d’une section CGT lutte de classe [1], a voté le redémarrage des chaînes de montage « sous contrôle ouvrier ».
Que s’est-il passé ? Après avoir annoncé en octobre la
délocalisation en Hongrie, la direction fournissait de moins en moins
de travail aux salarié-e-s. Et depuis quelques jours, il n’y avait même
plus de pièces détachées, les chaînes de montage étaient à l’arrêt, les
ouvriers les bras ballants, sans même être mis officiellement au
chômage technique.
Après décision de relancer la production sous contrôle
ouvrier, les techniciens ont donc simplement, comme si de rien n’était,
passé les commandes de pièces détachées aux fournisseurs habituels, qui
les ont livrées sans se poser de question. Le coup n’aurait pas été
rééditable, mais plusieurs centaines de téléviseurs ont ainsi pu être
assemblés, conditionnés et stockés dans un local. Petite vengeance :
des tracts et appels à la solidarité ont été glissés dans les cartons,
ce qui obligera en fait la direction à défaire tous les cartons et à
reconditionner chaque téléviseur.
La démarche était donc surtout symbolique. La
réquisition autogestionnaire d’une entreprise menacée de fermeture
n’est envisageable que dans certains cas, notamment si les biens
qu’elle produit se prêtent à la « vente militante ». Les montres Lip
étaient ainsi, dans les années 1970, vendues dans toute la France sur
des stands solidaires pour soutenir la lutte… mais personne n’imaginait
qu’il serait possible d’en faire autant avec des téléviseurs.
Malgré son caractère limité, la « brève autogestion »
de Philips-Dreux reste un événement. C’est une méthode à intégrer plus
systématiquement à la palette des actions possibles, car elle porte en
elle les germes anticapitalistes de la socialisation des moyens de
production et de l’autogestion de demain, bien davantage que ne le fait
le slogan d’« interdiction des licenciements ».
FO sabote
L’opération a duré ce qu’elle pouvait durer : le 12
janvier, la direction a fait venir des huissiers et des vigiles pour
reprendre le contrôle de la production. Le 15 janvier, l’AG des
grévistes décidait la suspension du contrôle ouvrier. Entre-temps, le
secrétaire de l’union locale FO – un trotsko-républicain du POI – avait
commencé à dénigrer la CGT et les « gauchistes » qui entraînaient les
travailleurs dans l’illégalité, l’aventurisme, etc. Cette trahison n’a
pas peu compté dans la décision de l’AG de suspendre la production
autogérée le 15 janvier.
Rien n’est perdu cependant. « L’Inspection du travail mène l’enquête, explique Manuel Georget, de la CGT, et
Philips n’a aucun élément sérieux qui justifierait une fermeture. Le
bref contrôle ouvrier, lui, a permis de donner confiance aux
salarié-e-s. La reprise en main de l’entreprise – soit nationalisée
sous contrôle ouvrier, soit sous forme de Scop [2] –
est à présent considérée comme une option possible. Nous n’aurions qu’à
reprendre le nom qui était le nôtre, Radiola, avant que Philips ne nous
rachète. Que l’État nous donne les subventions qu’il a octroyées au
patronat, et nous, nous garantissons le maintien de l’emploi ! »
Guillaume Davranche (AL Paris-Sud), avec Pierre (AL Tours)
[1]
Opposée à l’union locale CGT de Dreux, le syndicat CGT Philips est
cependant toujours affilié à la fédération de la Métallurgie. Son
secrétaire, Manu Georget, est par ailleurs adhérent au NPA.
[2] Société coopérative de production : entreprise où les travailleurs sont associés et détiennent le capital.

Nyark nyark- Messages: 924
Date d'inscription: 16/05/2009
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